Mondialisation et développement durable en Afrique

 

Depuis plus d’une décennie, la durabilité du développement se situe parmi les préoccupations majeures de l’agenda international. Néanmoins, des quatre dimensions de la durabilité qui emergent dans les discours officiels, deux seulement (l’écologique et l’économique) ont fait l’objet de réflexions approfondies, tandis que les autres (sociale et territoriale) attendent encore d’être étudiées convenablement. La question n’est pas secondaire, si l’on considère que les processus socio-territoriaux – et notamment les modalités d’accès aux ressources naturelles et à l’utilisation de l’espace- jouent un rôle décisif par rapport à la durabilité des politiques de développement. En ce qui concerne l’Afrique, qui nous intéresse ici, il faut noter que les processus géopolitiques actuels sont placés à l’intérieur des puissantes driving forces de la mondialisation. Celle-ci, si d’un côté à tendance à "dé-nationaliser les politiques nationales", de l’autre côté ouvre des perspectives nouvelles aux acteurs locaux.

Deux stratégies complémentaires se dessinent ainsi, par lesquelles l’Afrique fait face aux nouveaux défis. L’une, qui se déploie à la grande échelle, consiste en la valorisation des réalités locales, par des voies certes différentes mais qui, toutes, cherchent à maximiser les bénéfices de cette cooperation décentralisée par laquelle les Pays de l’Union Européenne notamment entendent caracteriser leurs politiques de solidarité avec les Pays africains. L’autre stratégie, qui se déploie plutôt à la petite échelle –macrorégionale, voire panafricaine- est bien illustrée par les deux grands événements de 2001: i) la création de l’Union Africaine, qui est actuellement en phase de decollage; ii) la mise en marche du Nouveau Partenariat pour le Développement Africain, dont l’objectif est précisement "d’assurer le développement durable de l’Afrique au XXI siècle".