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Milan a sa bibliothèque africaine
MILAN - La ville de Milan a désormais sa bibliothèque africaine. Cet espace culturel hébergé (provisoirement) par le Centre Culturel Français (CCF) de la capitale lombarde est une initiative du Centro Orientamento Studi Africani (COSA-Centre d’Orientation et d’Etudes Africaines) dirigé par l’universitaire sénégalais Alioune Ndiaye dit Baye. La bibliothèque, qui porte le nom de l’illustre écrivain africain Amadou Hampathé Ba, a été inaugurée mercredi dernier. De nombreuses personnalités étaient présentes : l'ambassadeur du Sénégal à Rome, Momar Guèye, le consul général de France à Milan, Alain Rouillard, le Pr Mario Negri de l’Université IULM de Milan, ses collègues Franco Crevatin de l’Université de Trieste et Marco Padula, le directeur du Centre Culturel Français de la ville, Christian Saglio, le président du COSA, Baye Ndiaye, Barbara Turfan du département d’Etudes africaines de l’Université de Londres, le journaliste sénégalais basé à Brescia, Idriss Sanneh, et de nombreux universitaires et intellectuels venus de divers horizons.
Plusieurs centaines de personnes (Italiens, ressortissants d’autres pays européens et membres de la communauté africaine de la région lombarde) étaient présentes à la cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée dans la salle de spectacles du CCF de Milan.
Les responsables du COSA ont, en même temps, lancé le site Internet de leur centre (www.cosafrica.it). Selon l’initiateur Baye Ndiaye, la bibliothèque Amadou Hampaté Ba a pour principal objectif de mieux faire connaître aux Italiens et aux membres de la communauté africaine (surtout les enfants de la deuxième génération d’immigrés), la culture africaine à travers sa littérature. Cette vision est partagée par l’ambassadeur sénégalais, Momar Guèye, selon qui la première bibliothèque africaine en Lombardie constitue un premier pas, qui sera suivi par d’autres, afin que les réalités du continent africain soient mieux perçues par les Italiens. Cela constitue également un élément essentiel dans la coopération culturelle entre l’Italie et le Sénégal en particulier, et l’Afrique en général.
L’ambassade du Sénégal est tout à fait disposée à appuyer le COSA dans ses actions dont l’objectif est de corriger l’image de misère, de guerres civiles et de famine que certains médias occidentaux donnent de l’Afrique, a estimé Momar Guèye. Il a rendu hommage à Amadou Hampaté Ba, ce fils aîné du siècle dernier, auteur de cette fameuse phrase : “ En Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle et qui a légué comme testament immatériel aux nouvelles générations, de nombreuses œuvres. D’ailleurs, quelques-uns de ses ouvrages comme “ L’étrange destin de Wangrin ”, “ Oui, mon commandant ” et “ Amkoullel, l’enfant peul ”, trônent en bonne place (en versions française et italienne) dans les rayons de la bibliothèque qui porte désormais son nom.
UN BESOIN D’AFRIQUE
Les Milanais qui visiteront cet espace y trouveront d’autres livres (romans, études et revues spécialisées) écrits par de grands noms de la littérature africaine. Nous avons ainsi pu y découvrir la version italienne du roman “ Le temps de Tamango ” de l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop. Son titre : “ Il tempo di Tamango ”. Le fonds de la bibliothèque africaine de Milan est également riche d’ouvrages de références tels que “ Sous l’orage ” de Seydou Badian ; “ Dictionnaire Wolof-Français ” d’Arame Fall, Rosine Santos et Jean Léonce Doneux ; “ La culture de l’ami qui vient de loin ”, une étude sur l’immigration sénégalaise en Italie réalisée par Baye Ndiaye ; “ Dictionnaire Wolof-Italien ”, du même auteur ; “ La place de la femme dans les rites au Sénégal ” de Raphaël Ndiaye ; “ Histoire de l’Afrique noire ” de l’historien Joseph Ki-Zerbo ; “ Sénégal : les ethnies et la nation ” de Makhtar Diouf ; “ Leuk le lièvre ” de Léopold Sédar Senghor et Abdoulaye Sadji ; “ La pensée africaine ” d’Alassane Ndaw ; “ L’Afrique au 20ème siècle ” d’Hélène d’Almeida-Topor, etc. “ Nous avons pris en charge l’abonnement de la bibliothèque à l’hebdomadaire Jeune Afrique-L’Intelligent ”, nous a confié Christian Saglio, directeur du Centre Culturel Français de Milan. L’abonnement à d’autres journaux, par exemple des quotidiens sénégalais, est également envisagé par le président du COSA.
La création de la bibliothèque Amadou Hampaté Ba de Milan répond à un besoin. “ Nous avons remarqué que les Italiens sont de plus en curieux envers la culture africaine, mais il y avait peu d’espaces qui leur permettaient de satisfaire cette soif de découverte ”, nous a confié Baye Ndiaye. Le nombre important de personnes qui ont assisté à l’inauguration en atteste. Cette foule a d’ailleurs quelque peu surpris Alain Rouillard, le consul de la France à Milan. “ J’ai assisté à de nombreuses manifestations au Centre Culturel Français, mais j’ai rarement vu autant de monde dans cette salle ”, a-t-il affirmé. Il a insistÉ sur l’esprit de dialogue des cultures et de tolÉrance qui doit animer les diffÉrents peuples du globe, surtout en ces moments marquÉs par des affrontements de toutes sortes.
Quant au directeur du CCF de Milan, Christian Saglio, il a soulignÉ le partenariat entre la structure qu’il dirige et le COSA. “ Ce centre n’est pas venu vers nous les mains vides. Il a achetÉ des ouvrages et nous a simplement demandÉ d’hÉberger provisoirement sa bibliothÈque ”, nous a dit cet amoureux de l’Afrique qui a longtemps vécu à Dakar et qui est l’auteur d’un livre intitulé “ Sénégal ” paru au Seuil. Un livre qui figure évidemment dans les rayons de la bibliothèque Amadou Hampaté Ba.
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL MODOU MAMOUNE FAYE
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